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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 22:27

Les protestants sont-ils en train d'évoluer dans leur conception de la papauté? Certains d'entre eux en tout cas, animés par le désir de l'unité des chrétiens, donnent des signes marquants d'ouverture sur cette question.
Le problème de la primauté de l'évêque de Rome sur les autres évêques divise en effet les protestants et les catholiques depuis le XVIe siècle et constitue aujourd'hui un obstacle majeur à l'aboutissement du dialogue œcuménique.

En 1995, dans son encyclique Ut unum sint, Jean-Paul II, sans renoncer à l'idée que le pape doive représenter un principe de communion et être gardien de l'unité, a voulu que le débat théologique soit ouvert avec les autres confessions, et a appelé les responsables chrétiens à "un dialogue fraternel et patient, dans lequel nous pourrions nous écouter au-delà des polémiques stériles". Mais cette suggestion est restée sans suite.

Or le 18 avril dernier, l'évêque luthérien allemand Ulrich Fischer a déclaré : "L'idée de la reconnaissance d'une primauté d'honneur pour le pape a toujours été envisagée avec dédain, mais pour le débat œcuménique en cours, il s'agit néanmoins d'une proposition productive, qui a été faite il y a environ 15 ans par le pape Jean-Paul II, et qui a assez injustement suscité peu de réactions positives dans les milieux protestants".

L'évêque s'est exprimé au cours de célébrations commémoratives de la mort de Philippe Melanchthon, proche collaborateur de Martin Luther, et a déclaré que Melanchton pouvait être considéré "comme un précurseur du mouvement œcuménique moderne", lui qui était prêt "à reconnaître la primauté du pape sur les évêques selon la loi humaine si cela pouvait servir l'unité de l'Eglise".

De son côté le pape actuel,
Benoît XVI, est salué par les luthériens. Après la visite qu'il a rendue à la communauté évangélique luthérienne de Rome, le pasteur Jens-Martin Kruse a signé dans L’Osservatore Romano du 23 avril un éditorial où il a présenté le pape comme un "modèle dans la foi", y compris pour les protestants. Il a aussi parlé d'un pape toujours prêt à accomplir, s'agissant de l'oecuménimse, "des gestes qui expriment la communion, qui consolident la foi et, en même temps, ont une force visionnaire".

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 22:37
L’exposition proposée par la Bibliothèque nationale de France à partir du mardi 13 avril permet de mieux comprendre leur apport capital à la connaissance de la Bible

 

LE SECRET DES MANUSCRITS DE LA MER MORTE
Bibliothèque nationale de France Jusqu'au 11 juillet

Vue depuis l'une des grottes de Qumrân (Photo : École biblique et archéologique française de Jérusalem).Vue depuis l'une des grottes de Qumrân (Photo : École biblique et archéologique française de Jérusalem).


Les manuscrits de Qumrân ! Ils ont fait couler beauccoup d’encre et provoqué tant de débats, depuis leur découverte en 1947. On ne peut pourtant résumer Qumrân à la belle histoire de sa découverte – un jeune bédouin à la recherche d’une chèvre tombe sur une grotte dans les falaises calcaires du Wadi Qumrân, au nord-ouest de la mer Morte (à l’époque en Jordanie).

On ne peut non plus réduire Qumrân aux querelles d’experts et aux déclarations passionnelles qu’ont provoquées les découvertes archéologiques à Khirbet Qumrân et leurs diverses interprétations, religieuses ou profanes, esséniennes ou non esséniennes. Car ce que révèlent d’abord et avant tout ces manuscrits de la mer Morte, c’est l’origine de l’Ancien Testament.

Parmi les 275 cavités fouillées à Qumrân, 11 grottes contenaient des manuscrits en hébreu et en araméen ; une vingtaine d’autres contenaient des objets contemporains du site. Certains rouleaux, enveloppés de tissu et conservés dans des jarres en terre cuite, étaient en bon état et n’ont guère présenté de difficultés d’identification. Dans d’autres cavités, au contraire, on ne trouva que des fragments de parchemins qu’il fallut d’abord classer, répertorier et photographier avant de pouvoir les publier.

«On dispose désormais de l’essentiel»

Pendant plus de soixante années, un énorme travail d’édition – entravé par les conflits politiques dans la région – a été mené par un comité international. Depuis 1991, ce comité d’une quarantaine de chercheurs est présidé par l’Israélien Emmanuel Tov (Université hébraïque de Jérusalem), aux côtés de l’Américain Eugene Ulrich (Université Notre-Dame en Pennsylvanie) et du Français Émile Puech (École biblique et archéologique française de Jérusalem, ou Ebaf).


Fragments du Rouleau du Temple, IIme siècle av. J.-C. (Photos : Musée d'Israël, Jerusalem).

Aujourd’hui, quelque 900 manuscrits ont été publiés en 40 volumes, et une traduction en français est disponible (1). « On dispose désormais de l’essentiel, même si quelques fragments peuvent peut-être encore se trouver dans des collections privées », estime Katell Berthelot, brillante spécialiste du judaïsme antique qui codirige la publication bilingue de la bibliothèque de Qumrân. Parmi ces 900 manuscrits, on trouve trois grands types d’écrits.

Une vingtaine de rouleaux d’Isaïe a été retrouvée

D’abord des textes bibliques, avec tous les livres de l’Ancien Testament (sauf celui d’Esther), notamment une quarantaine d’exemplaires de psautiers (mais aucun complet). L’ordre des psaumes n’était pas le même qu’aujourd’hui et, de plus, on en trouvait parfois 152 ou 153 – au lieu de 150.

« Émotionnellement, c’est extraordinaire de se dire que certains de ces textes ont pu passer entre les mains de Jésus, Pierre ou Paul », poursuit Katell Berthelot. On trouve également tous les prophètes connus aujourd’hui, avec cependant une prépondérance du grand prophète Isaïe. Une vingtaine de rouleaux d’Isaïe a été retrouvée, notamment deux rouleaux, longs de plus de sept mètres, que l’on peut admirer au Musée du Livre, à Jérusalem.

Ces rouleaux d’Isaïe ont un aspect « rafistolé » – selon l’expression de Laurent Hericher, conservateur en chef à la BNF –, avec des ratures ou des rattrapages d’oublis dans les marges.

Psaumes, Isaïe et Deutéronome : le « kit de base »

Enfin, toujours parmi les textes bibliques retrouvés à Qumrân, le Pentateuque (Torah) est très représenté, avec en particulier une trentaine d’exemplaires du Deutéronome (livre à caractère juridique), dans une forme assez proche de celle que l’on connaît.


Fac-similé du Rouleau d’Isaïe : (Photo : Michael Falter/www.facsimile-editions.com).

On peut donc penser que les Psaumes, Isaïe et le Deutéronome – tel un « kit de base », selon l’expression de Michael Langlois, jeune philologue franco-américain de l’université de Strasbourg – étaient les trois livres bibliques les plus lus à Qumrân, et sans doute aussi dans toutes les synagogues de l’époque. Or ce sont ces trois livres de l’Ancien Testament qui sont le plus souvent cités dans les Évangiles et dans les Lettres de Paul.

Différents textes propres à la communauté

Par ailleurs, ces textes bibliques qumrâniens présentent certaines différences avec les plus anciennes versions hébraïques connues jusque-là, appelées « massorétiques » – du nom des savants massorètes qui ont vocalisé la Torah aux IXe-Xe siècles.

Autre grand type d’écrits des rives de la mer Morte : les textes parabibliques, dits « apocryphes ». On a notamment découvert le Livre d’Hénoch, une grande apocalypse juive qui n’était connue que dans des versions éthiopienne et grecque.

Enfin, derniers types d’écrits : ceux propres à la communauté de Qumrân, dits « sectaires ». Parmi ces écrits communautaires, on range divers commentaires des livres bibliques ainsi qu’un « rouleau du Temple » – dont on ne sait toujours pas à quel usage il était destiné. Mais surtout, on y classe cinq exemplaires de la Règle de la communauté (longtemps appelée Manuel de discipline) dont certains termes posent bien des questions.

«Aujourd’hui, on réévalue à la baisse le nombre de textes communautaires»

Ainsi, le « maître de justice » (dirigeant la communauté) est décrit comme devant être « mis à mort » avec des « blessures » et des « transpercements ». Ce qui a fait dire à Robert Eisenman, professeur de religions proche-orientales à l’université de Long Beach (Californie) dans les années 1990, que les esséniens attendaient un Messie qui devait souffrir et mourir – sans affirmer pour autant que ce « maître de justice » pourrait être le Christ.

Le terme de « fils de Sadoq » a également interrogé : il apparaissait déjà dans le Document de Damas (découvert au Caire au début du XXe siècle) qui fait allusion à des juifs qui, ne supportant plus la corruption sacerdotale (à l’époque, seul un descendant de Sadoq pouvait être grand prêtre à Jérusalem), partent au désert en direction de Damas.

« Aujourd’hui, on réévalue à la baisse le nombre des textes initialement considérés comme communautaires », conclut Katell Berthelot en souhaitant que les chercheurs, qui disposent maintenant de l’ensemble des manuscrits, « réexaminent les théories à la lumière de l’ensemble ».

Actuellement des recherches portent sur le système calendaire, ainsi que sur les textes liturgiques et de sagesse. Car comme le dit Michael Langlois, autre représentant de cette nouvelle génération de qumrânologues francophones, « ce qui paraissait clair hier ne l’est plus du tout aujourd’hui ».

Claire LESEGRETAIN

(1) La Bibliothèque de Qumrân, volume 1 : Torah-Genèse , sous la direction de Katell Berthelot, Thierry Legrand et André Paul, avec le texte original (hébreu ou araméen) et la traduction française (Cerf, 2007, 590 p., 89 €). Le volume 2 (Exode-Lévitique-Nombres) est attendu pour octobre 2010.
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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 00:57

 http://auto23652.a.u.pic.centerblog.net/6842juzz.jpgLes attaques des protestants vis-à-vis de l’Église Catholique se focalisent principalement sur l’Eucharistie. Ceci démontre que les opposants de l’Église (principalement des Évangéliques et des Fondamentalistes) reconnaissent une des doctrines dévotionnelles essentielles du Catholicisme. De plus, ces attaques montrent que les Fondamentalistes n’ont pas toujours une compréhension littérale de l’Écriture Sainte. C’est visible dans leur interprétation de ce passage-clé du chapitre 6 de l’Évangile de Jean, dans lequel le Christ s’exprime au sujet du sacrement qui sera institué au cours du Dernier Repas. Ce texte examine la dernière moitié de ce chapitre.

Jean 6 commence par un colloque qui prend place dans la synagogue de Capharnaüm. Au verset 30, les Juifs demandent à Jésus « quel signe fais-tu donc pour qu’à sa vue, nous te croyions ? ». Ils précisent aussi, comme en défi, que leurs « pères ont mangé la manne dans le désert ». Jésus pourrait-il faire mieux que cela ? Il dit alors que « le vrai pain du ciel vient du Père ». « Donne-nous toujours ce pain-là » lui répliquent-ils. Jésus répond : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim, qui croit en moi n’aura jamais soif. » Jusqu’à ce point, les Juifs comprennent les propos de Jésus de façon métaphorique.

 


Encore et encore


  Jésus répète ce qu’il a dit et résume ensuite :


« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais, et le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde. » Alors les Juifs discutèrent entre eux, disant : « comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jean 6 ;51-52)


Les interlocuteurs furent stupéfaits d’entendre ses propos parce que maintenant, ils comprenaient de façon littérale, et correctement, les affirmations de Jésus. Il répète encore ses propos, avec une plus grande emphase, et introduit l’affirmation au sujet de sa chair et de son sang :


« en vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.  Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » (Jean 6:53-56)


Pas de correction


Notons que Jésus ne cherche aucunement à adoucir ce qu’il dit, ni à corriger chez ces interlocuteurs une éventuelle mauvaise compréhension, puisqu’il n’y en a pas. Les interlocuteurs de Jésus comprennent parfaitement bien ses propos. Ils ne croient plus maintenant que Christ parle de façon métaphorique, car sinon pourquoi s’offusqueraient-ils ? S’ils avaient mal interprété les propos de Jésus, pourquoi n’y a-t-il eu aucune correction de la part du Maître ?

À d’autres occasions dans le Nouveau Testament, il y a eu confusion dans la compréhension et Jésus explique alors ce qu’il voulait signifier exactement. (cf Matt 16, 5-12) Ici, alors qu’une mauvaise compréhension pourrait être fatale, il n’y a visiblement aucun effort de la part de Jésus pour la corriger. Au contraire, il se répète avec plus d’insistance. On ne peut donc pas soutenir l’hypothèse d’une mauvaise compréhension à moins d’insinuer aussi que Christ a délibérément laisser ses interlocuteurs dans l’erreur... !

En Jean 6 ;60, nous lisons : « après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : elle est dure cette parole ! Qui peut l’écouter ? » C’était ses disciples qui parlaient ainsi, des gens habitués à la façon de faire de Jésus. Ce dernier les avertit de ne pas penser charnellement mais spirituellement : « C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien ; les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » (Jean 6, 63; 1 Cor 2, 12-14)

Mais il savait que quelques uns ne le croiraient pas. (C’est ici, en rejet de l’Eucharistie, que Judas déserta - Jean 6, 64) « Dés lors beaucoup de ses disciples se retirèrent et n’allèrent plus avec lui. » (Jean 6, 66)

C’est le seul fait qui nous est rapporté dans l’Évangile où certains des disciples du Christ l’abandonnent pour des raisons purement doctrinales. Si tout cela n’avait été qu’un mal-entendu en ce qui concerne les propos du Christ, s’ils s’égaraient en comprenant littéralement ce qui n’était que métaphorique, pourquoi ne les a-t-il pas rappelés pour clarifier le tout ? À la fois les Juifs, qui se méfiaient de lui, et ses disciples, qui avaient tout accepté jusqu’à présent, seraient restés avec lui s’il avait précisé qu’il parlait seulement de façon symbolique.

  Mais il n’a pas corrigé ses protestataires. À 12 reprises, il dit qu’il est le pain descendu du ciel, et 4 autres fois il dit qu’il leur faut « manger (s)a chair et boire (s)on sang. »  Jean 6 est une promesse étendue de ce qui sera institué au cours du Dernier Repas - et c’est une promesse qui ne peut pas être plus explicite. Mais qu’en disent les Fondamentalistes ?


Simple figure de style ?


Ils disent qu’en Jean 6, Jésus ne parlait pas de nourriture et de boisson physique, mais de nourriture et de boisson spirituelle. Ils citent Jean 6 ;35 : « Jésus leur dit, je suis le pain de Vie. Qui vient à moi n’aura plus jamais faim, qui croit en moi n’aura plus jamais soif. » Ils affirment que le fait de « venir à lui » c’est le pain, et « avoir foi en lui » c’est la boisson. Ainsi, « manger la chair et le sang du Christ » signifie simplement croire en Christ.

Mais il y a un problème avec cette interprétation. Comme l’explique le frère John A. O’brien : « la phrase « manger la chair et boire le sang  » lorsqu’elle est utilisée au sens figuré parmi les Juifs, comme chez les Arabes de nos jours, signifie « infliger à une personne un préjudice sévère, en le calomniant ou en portant contre lui de fausses accusations. » Interpréter cette phrase de façon figurative en amène à faire promettre au Seigneur sa vie éternelle pour le coupable qui le diffame et le hait, ce qui réduirait tout le passage à un non-sens absolu. » (O’Brien, The Faith of Millions, p. 215) (Pour un exemple de cet usage au sens figuré voir : Michée 3, 3)

« Ceux qui ont dévoré la chair de mon peuple, et lui ont arraché la peau et brisé les os, qui l’ont déchiré comme chair dans la marmite et comme viande en plein chaudron, »


Les auteurs fondamentalistes qui commentent Jean 6, affirment également que l’on peut voir Christ parler de façon métaphorique seulement, en comparant des versets comme celui de Jean 10, 9 (je suis la porte) et Jean 15, 1 (je suis la vigne véritable). Le problème est qu’il n’y a pas de connexion avec Jean 6, 35 « Je suis le pain de Vie ». « Je suis la porte » et « je suis la vigne véritable » sont effectivement des métaphores car Christ est comme une porte - nous accédons au ciel par lui - et il est aussi comme une vigne - nous recevons la sève spirituelle par lui. Mais le Christ, en Jean 6, 35 est allé bien au delà du symbolisme en disant : « car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. » (Jean 6, 55)

Il poursuit : « de même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. » (Jean 6, 57)  Le mot grec pour « manger » (trogon) est très direct et signifie « mâcher » ou « croquer ». Ce n’est pas le langage de la métaphore.. ! 


Leur principal argument


Pour les auteurs fondamentalistes, l’argument scripturaire en faveur d’une signification métaphorique ou symbolique des propos de Jésus, est contenu en Jean 6, 63 :


« C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien ; les mots que je vous ai dits sont esprit et vie ». Pour eux, ce verset signifie clairement qu’on ne peut croire qu’il faille vraiment manger la chair du Fils de l’homme puisque « la chair ne sert de rien ». 


Mais cela fait-il sens ?

Devons-nous comprendre que Christ après avoir tout juste commandé à ses disciples de manger sa chair, affirme ensuite que cela serait vain s’ils le faisaient  ? Est-ce ce que signifie « la chair ne sert de rien ? » « Manger ma chair, mais vous vous rendrez compte que c’est inutile  ? » - est-ce cela qu’il voulait dire ? C’est peu probable.. ! 

Le fait est que la chair du Christ sert de beaucoup ! Si la chair du Christ, celle qu’il nous invite à manger « en substance » dans le pain consacré, ne sert de rien, alors le Fils de Dieu s’est incarné pour rien, il est mort pour rien et il est ressuscité pour rien. La chair du Christ nous profite plus que n’importe qu’elle autre au monde. Si elle ne nous profitait pas, et que l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ ne « servaient de rien », alors « vaine est votre foi. Vous êtes encore dans vos péchés.  Alors, aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ ont péri. » (1 Cor 15, 17b-18)

En Jean 6, 63 « la chair ne sert de rien » fait référence à l’inclination du genre humain à vouloir utiliser uniquement ce que la raison humaine lui dicte plutôt que ce que Dieu lui dit. Ainsi en Jean 8, 5-16, Jésus dit à ses opposants : « vous, vous jugez selon la chair ; moi je ne juge personne ; et s’il m’arrive de juger, moi, mon jugement est selon la vérité, parce que je ne suis pas seul ; mais il y a moi et celui qui m’a envoyé. » Donc le jugement humain naturel, sans l’aide de la grâce de Dieu, est non fiable, mais le jugement de Dieu est toujours vrai.

Les disciples devaient-ils prendre la phrase « les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » pour une circonlocution plutôt maladroite, signifiant « les paroles que je vous ai dites sont symboliques ? » Personne ne peut arriver à de telles interprétations à moins d’adhérer d’abord à la position fondamentaliste et de penser qu’il soit nécessaire de trouver une logique, quitte à la forcer dans le texte, pour éviter l’interprétation catholique. En Jean 6, 63, la chair qui ne sert de rien ne fait pas référence à la propre chair du Christ - le contexte est clair à ce sujet - mais à l’inclination des hommes à penser au niveau naturel, humain. « Les paroles que je vous ai dites » ne signifie pas « ce que je viens juste de dire est symbolique. » Le mot « esprit » n’est jamais utilisé de cette façon dans la Bible. Le verset signifie que ce que le Christ a dit ne sera compris que par la foi, par la puissance de l’Esprit et selon l’appel du Père. (Jean 6, 37.44-45. 65)


Paul confirme cela


  Paul écrit au corinthiens :


« la coupe de bénédictions que nous bénissons n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? (1 Co 10,16)

 Ainsi, lorsque nous recevons l’Eucharistie, nous communions vraiment au sang et au corps du Christ, nous ne faisons pas simplement que manger leurs symboles. Paul a dit aussi : « ainsi donc quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur.....car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s’il ne discerne le Corps. » (1 Co 11,  27. 29) 


 « Répondre du sang et du corps » de quelqu’un signifie être coupable d’un crime aussi sérieux qu’un homicide. Comment se peut-il que de manger un simple bout de pain et du vin sans valeur puisse être si sérieux ? Les commentaires de Paul aux Corinthiens ne prennent sens que si le pain et le vin deviennent vraiment en substance, le corps et le sang du Christ. 


Que disent les premiers Chrétiens ?


Les anti-catholiques affirment aussi que l’Église Primitive comprenait ce passage de façon symbolique. Est-ce exacte ? Voyons ce que quelques chrétiens de l’Église Primitive pensaient, tout en gardant à l’esprit que nous pouvons apprendre beaucoup en ce qui concerne l’interprétation des Écritures en examinant les écrits des premiers Chrétiens.

Ignace d’Antioche, qui était un disciple de l’apôtre Jean et qui a écrit une lettre aux Smyrnéens en 110 après JC, a dit, en faisant référence à « ceux qui tiennent des opinions hétérodoxes » qu’ils :


« s’abstenaient de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils ne confessent pas que l’Eucharistie est le corps de notre Sauveur Jésus-Christ, chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscité. (6, 2, 7, 1)


  Quarante ans plus tard, Justin Martyre, écrivait ;

 

« non pas comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire les recevons-nous, mais depuis que Jésus-Christ notre Sauveur s’est incarné par la parole de Dieu, ayant à la fois chair et sang, pour notre salut, ainsi aussi, comme on nous l’a enseigné, la nourriture qui a été rendue Eucharistie par la prière eucharistique instituée par Lui, et par l’échange de laquelle notre sang et notre chair sont nourris,....est à la fois chair et sang de ce Jésus incarné. » (Première Apologie 66:1-20)


  Origène dans une homélie écrite aux environs de 244 après JC, atteste qu’il croit en la Présence Réelle :

 

« j’aimerais vous admonester avec des exemples de votre religion. Vous êtes habitués à prendre part aux divins mystères, donc vous savez comment, quand vous recevez le corps du Christ, vous usez avec révérence de tous les soins afin qu’aucune parcelle ne tombe et que rien du don consacré ne périsse. Vous vous reconnaissez coupable, et vous avez raison de le croire, lorsque cela est moindrement perdu par négligence. (Homélies sur l’Exode13 ;3)


  Cyril de Jérusalem, dans une lecture de catéchèse présentée au milieu des années 300 disait :

 

« ainsi donc, ne regardez pas le pain et le vin comme uniquement cela, car ils sont, selon la déclaration du Maître (Jésus), le corps et le sang du Christ. Même si vos sens vous suggèrent le contraire, laissez la foi vous affermir. Ne jugez pas de cette question selon votre goût mais soyez pleinement assurés par la foi, ne doutant pas que vous avez été jugés dignes du corps et du sang du Christ. (Discours de catéchèses 4 ;22;9)


Dans une homélie du 5ème siècle, Théodore de Mopsuestia semble parler aux Évangélistes et Fondamentalistes d’aujourd’hui :


« Quand Christ tendit le pain, il n’a pas dit : « ceci est le symbole de mon corps, mais « ceci est mon corps ». De même, lorsqu’il donna la coupe de son sang, il n’a pas dit : « ceci est le symbole de mon sang » mais « ceci est mon sang » car il voulait que nous regardions les [éléments eucharistiques], après la réception de la grâce et la venue du Saint-Esprit, non pas en fonction de leur état naturel, mais pour les recevoir comme ils sont : le corps et le sang de notre Seigneur. » (Homélie de Catéchèses 5 ;1) 


Témoignage unanime


Quoique ce soit que l’on puisse dire d’autre, l’Église Primitive comprenait Jean 6 de façon littérale. En fait, il n’y a aucun écrit des premiers siècles de l’Église qui laissent entendre que les Chrétiens doutaient de l’interprétation qu’en fait encore aujourd’hui l’Église Catholique. Il n’existe aucun document dans lequel l’interprétation littérale est contredite et seulement l’interprétation métaphorique acceptée.

Pourquoi les Fondamentalistes et les Évangéliques rejètent-ils l’interprétation littérale de Jean 6 ? Pour eux, les sacrements catholiques sont caduques parce qu’ils impliquent une réalité spirituelle - une grâce - transmise par le biais de la matière. Cela semble être pour eux une violation du plan divin. Pour beaucoup de Protestants, la matière ne peut être utilisée, mais vaincue ou évitée.

On peut se demander, en supposant que le Créateur leur ait demandé leur opinion sur la façon de porter le salut à l’humanité, si les Fondamentalistes lui auraient conseillé éventuellement de choisir une approche différente. Comme les choses seraient beaucoup plus « propres » si l’esprit ne s’était pas sali avec la matière ! Mais Dieu reconnaît la matière - Il l’approuve parce qu’il l’a créé - et Il lui donne son agrément à un point tel qu’il vient jusqu’à nous sous l’apparence du pain et du vin, tout comme il l’a fait par la « forme » physique du Christ incarné qui fut lui-même porté dans le sein maternel de Marie.

Source : Catholic Answers; Via : Vivre pour la vérité 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 15:49
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:07

Une vie dédiée à l’apostolat

François est né le 21 août 1567 au château de Sales, sur la commune actuelle de Thorens, à une vingtaine de kilomètres d’Annecy en Haute-Savoie. Il est baptisé le 28 août en l’église paroissiale de Thorens, où il sera sacré évêque le 14 décembre 1602.

 

Originaire de la petite noblesse campagnarde de Savoie, terre alors indépendante, François de Sales a rapidement développé des qualités humaines indéniables lors de ses études d’humanités et de droit à Paris, puis à Padoue.

Devenu prêtre malgré les réticences de son père, il s’illustra courageusement dans une mission de quatre ans (1594 – 1598) en terre chablaisienne (région du nord de la Savoie et du sud du lac Léman) envahie par les Bernois calvinistes, avant de devenir évêque du diocèse de Genève en résidence à Annecy de 1602 à 1622. Il mourut à Lyon, épuisé par la tâche apostolique.

 

 

Un charisme de directeur spirituel

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François de Sales et Jeanne de Chantal

Homme de relations, prédicateur apprécié dans son diocèse et au-delà, médiateur entre les princes du monde, conseiller dans les discussions théologiques (surtout entre jésuites et dominicains) au sujet de la liberté humaine et de la providence divine, François est connu comme fondateur, avec Jeanne de Chantal, de la Visitation Sainte-Marie (en 1610), foyer d’oraison qui connaîtra une rapide expansion au XVIIe siècle en France puis à travers le monde (en particulier en Amérique latine).

Prêchant, catéchisant, il a pris soin de visiter toutes les paroisses de son diocèse, ce qui nous paraît aujourd’hui normal ; ce l’était moins au sortir d’une époque où les évêques étaient plus princes que pasteurs et où les communications dans une région montagneuse et menacée étaient souvent périlleuses. Monseigneur de Genève, puisque tel était son titre, ne put jamais célébrer dans sa cathédrale Saint-Pierre devenue réformée en 1536, mais il rayonna depuis sa terre d’exil, Annecy, où de nombreuses congrégations religieuses avaient trouvé refuge. À l’image de son modèle, saint Charles Borromée, François de Sales fut un bel exemple de pasteur selon le cœur de Dieu et dans l’esprit du concile de Trente. Au milieu des transformations culturelles de la Renaissance et des réformes religieuses (protestante puis catholique), il a promu une voie spirituelle ouverte à tous.

Il nous a laissé de nombreux sermons et entretiens ainsi qu’une intéressante correspondance (plus de 2000 lettres), témoin de son charisme de directeur spirituel et de son inlassable activité apostolique. L’Introduction à la vie dévote (1608), rassemblant des lettres adressées à une Philothée (amie de Dieu), connut plusieurs éditions de son vivant et fut un best-seller du XVIIe.

 

Son rayonnement spirituel

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Vincent de Paul et François de Sales

François fréquenta à Paris le cercle Acarie, qui rassembla de hautes figures spirituelles comme Bérulle et Vincent de Paul, qui devint son ami et nous livra cette confidence : "J’étais porté à voir en lui l’homme qui a le mieux reproduit le Fils de Dieu sur terre". François confia à Vincent la direction spirituelle de la Visitation qu’il venait de fonder à Paris tandis que, de leur côté, les "Filles de la Charité" de saint Vincent de Paul et de Louise de Marillac devaient étudier l’Introduction à la vie dévote.

La postérité spirituelle de François fut grande, en particulier à travers l’École Française et, au XIXe, par les congrégations et sociétés spirituelles qui se sont inspirées de son œuvre (Missionnaires et oblats, oblates de saint François de Sales, salésiens et salésiennes de Don Bosco, sociétés saint François de Sales) à l’heure où Pie IX le proclama "Docteur de l’Église" (1877). Patron des écrivains et journalistes catholiques, François est d’abord un communicateur et un maître spirituel que découvrent de plus en plus de laïcs qui participent à des retraites salésiennes ou des groupes de lecture de ses œuvres.

 

Un homme de coeur

En lui, tout est harmonieux ; c’est un humaniste à la riche personnalité et au grand équilibre. François est un affectif, mais jamais victime de sensiblerie : c’est un homme de cœur.

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Il paraît fragile et vulnérable, mais sait être souvent ferme et courageux. Il aime la sérénité, mais sent parfois monter en lui une violence qu’il apprend à maîtriser. Sa douceur est acquise à force de patience et de remise de soi dans les mains de Dieu. Il est homme de justice tout en sachant être indulgent, conciliateur mais pas naïf. Il affectionne la multiplicité qu’il gère avec humour et il a l’art de simplifier ce qui est compliqué. On fera souvent appel à ses talents de médiation.

Il se méfie de l’affectation et des apparences et valorise la motivation et la qualité du cœur, comme l’illustre cette remarque concernant la prédication : "Il faut que vos paroles soient enflammées, non par des cris et des actions démesurées, mais par l’affection intérieure. Il faut qu’elles sortent du cœur plus que de la bouche. On a beau dire mais le cœur parle au cœur, la bouche ne parle qu’aux oreilles" (lettre à Mgr Frémyot, 1604). C’est un réaliste qui privilégie la voie de la simplicité et de l’humilité : "Ce n’est pas par la grandeur de nos actions que nous plaisons à Dieu, mais par l’amour avec lequel nous les faisons".

 

Une spiritualité évangélique à la portée de tous

Sa spiritualité est profondément évangélique et accessible : parlant la langue du peuple, utilisant de nombreuses images tirées de la nature ou de l’expérience humaine, en particulier conjugale et familiale, il sait nous révéler un Dieu cordial, amoureux de notre humanité. Familier du Cantique des cantiques dont un commentaire l’a enflammé lors de ses études parisiennes, il insiste sur la convenance qui existe entre Dieu et le cœur de l’homme, convenance qui trouve son origine dans la ressemblance que Dieu y a inscrite en le créant. Sa vision de Dieu est celle de l’Écriture, en particulier des prophètes de l’alliance : un Dieu "jalousement" amoureux de l’homme, un Dieu "maternellement paternel" qui est communion d’amour.

Dieu n’a qu’un désir : communiquer son amour et solliciter une réponse dans la liberté qu’il accompagne de sa grâce ; François utilise volontiers des images maternelles pour dire cette sollicitude : "Les enfants, à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage ; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui".

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1ère édition du Traité

L’homme, travaillé par l’Esprit Saint, est sans cesse ramené à son cœur pour y consentir au Dieu vivant et y vivre le "trépas". François entend par là la nécessité de consentir à la dimension pascale de l’existence chrétienne. Dans le Traité de l’Amour de Dieu (1616), ouvrage "pour les âmes avancées en dévotion", il exprime sa vision de l’amour de Dieu et montre que "trépasser en la volonté de Dieu" est le sommet de l’adhésion au Christ.

Loin d’appuyer comme d’autres spiritualités sur le caractère mortifiant du sacrifice du Christ, il en retient surtout la logique d’amour. François se méfiera toujours des manifestations mystiques exceptionnelles : "Elles ne sont nullement nécessaires pour bien servir et aimer Dieu, ce qui doit être notre unique prétention".

Faisant écho au double commandement évangélique, François dira que l’amour de Dieu et l’amour des frères sont "sortis comme jumeaux des entrailles de la miséricorde de Dieu". L’amour fraternel est le lieu le plus familier des petits "trépas" que Dieu nous propose chaque jour pour rencontrer l’autre en mourant à nous-même.

Prophète de l’Amour

Telle est la sainteté à laquelle tout homme est appelé, une sainteté pour tous, adaptée à la profession, l’histoire et la vocation de chacun : "C’est une erreur, une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés…. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite" ; toute son œuvre comme pasteur et guide spirituel est une éducation à la sainteté, une sainteté qu’on pourrait qualifier de cordiale et ordinaire. Comme les fleurs qui, par la diversité de leurs formes, couleurs et parfums, font l’harmonie d’un bouquet, ainsi "les plantes vivantes de son Église" sont appelées à produire des fruits de dévotion, "un chacun selon sa qualité et vocation".



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Lettre Ouverte de Saint François de Sales, Docteur de l'Eglise, aux Protestants...



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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 00:11

Pasteur pentecôtiste pendant plus de trente ans en Afrique et aux États-Unis, cet Américain est devenu catholique en 1999.



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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:14
http://www.aidez-moi.org/images/eucharistie_50.jpgTout d'abord pour comprendre ce thème il est essentiel de savoir que les morts sont tout à fait conscients et parlent avec Jésus comme cela est précisé en Luc 9, 30 ou Moïse et Elie s'entretiennent avec Jésus. Il est possible d'objecter qu'Elie fut enlevé sur un char de feu (cf. 2 Rois 2, 11) mais pour Moïse il en va tout autrement puisque Jude 1, 9 nous certifie que la dépouille de Moïse fût disputée au diable par l'archange Saint Michel. Nous avons donc ici Moïse en train de parler voire d'intercéder auprès de Jésus. Voir cet article : Qu'en est il du séjour des morts ?

Prenons pour le début de cette étude le passage de Jean 17, 20-24 qui nous montre que toute l'église temporelle et intemporelle est consacrée en Christ dans l'unité du Saint esprit.

20  « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi :
21  que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.
22  Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un,
23  moi en eux comme toi en moi, pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
24 Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé dès avant la fondation du monde.

Au verset 20 Jésus prie non seulement pour les apôtres mais aussi pour tousceux qui croiront en Lui par leurs paroles; C'est à dire que Jésus prie aussi pour toute l'Église qui s'ensuivra et ce jusqu'à nous. De nos jours cette Parole, nous a été transmise pour que nous puissions croire et c'est au moyen de cette même Parole que nous évangélisons. La prière de Jésus a ceci d'étonnant : elle traverse les siècles et touche notre apostolat lorsque nous évangélisons.

La prière de Jésus est donc ici une consécration dans l'unité depuis les apôtres jusqu'à nous. Comme l'atteste le verset suivant "que tous soient un" C'est à dire l'église temporelle et l'intemporelle. La suite du verset va plus loin encore puisque Jésus consacre l'Eglise toute entière dans l'unité Trinitaire de Dieu. C'est apparemment cette unité qui est l'objet de "croyance de la venue de Jésus" nous dit la suite du verset.

Au verset 22 Jésus nous dit qu'Il a donné la gloire que Dieu Lui à donné. Mais quelle peut bien être cette gloire en question ? La gloire, n'est autre que la "présence de Dieu" dans l'ancien testament, (cf. Exode 40, 35 ; Lévitique 16, 2 2 ; Samuel 6, 2 1 ; 1Rois 8, 10 ;  2Chroniques 5, 13 ;  Psaumes 80, 1;  Isaïe 37, 16 ;  Ezéchiel  9, 3) il est en fait ici question de l'eucharistie et de la "présence réelle de DIeu en elle qui garanti justement de l'unité en un seul corps, celui du Christ, comme l'atteste la suite du verset " pour qu’ils soient un comme nous sommes un". Le verset suivant poursuit cette idée justement "moi en eux comme toi en moi, pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite". La présence de Jésus en nous n'est autre que celle de l'eucharistie qui nous rassemble en une seul corps jusqu'à l'unité parfaite, ce que confirme Jean 6, 56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui..

Nous pouvons donc en conclure qu'au ciel il existe une liturgie eucharistique et que nous communions avec tout les Saints faisant parti du corps mystique de l'Église.


Au verset 24 Jésus revient sur les apôtres "ceux que tu m'as donnés" qui ne quitteront pas la personne de Jésus selon Sa volonté " je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi". Les invitant dans la suite du verset à la vision béatifique de la gloire que Jésus à reçue du Père. c'est à dire l'eucharistie objet d'adoration même après la mort. Paul poursuivra cette idée plus tard :

Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 8, 38-39)

Étant donc toujours pleins d'assurance, et sachant que, aussi longtemps que nous habitons dans ce corps, nous sommes loin du Seigneur, car nous marchons par la foi, et non par la vue, dans cette assurance, nous...   aimons mieux déloger de ce corps et habiter auprès du Seigneur. C'est pour cela aussi que nous nous efforçons d'être agréable à Dieu, soit que nous demeurions dans ce corps, soit que nous le quittions. (2Co 5, 6-9)

Je suis pressé des deux côtés: j'ai le désir de partir et d'être avec le Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur; mais il est plus nécessaire que je demeure dans la chair à cause de vous.
(Php 1, 23-24)
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 15:09
http://www.cursillos.ca/images/moise-buisson2.jpgExode 3, 1-8a.10.13-15 :
La lecture du livre de l'exode proposé, nous invite à examiner dans un premier temps la théophanie de Dieu qu'est le buisson ardent. Un feu qui ne se consume pas, un feu qui dure à toujours et qui "est" éternellement. C'est alors que du milieu du buisson, que nous pouvons appeler "cœur" du buisson surgit la voix de Dieu qui appelle Moïse. Moïse dont le nom signifie "tiré des eaux" peut être identifié à n'importe lequel d'entre nous qui sommes baptisés et donc sortisdes eaux. Ainsi à travers Moïse c'est nous que Dieu appelle ici, nous baptisés. Il nous invite à partir en mission. Nous avons dans ce passage le Jaillissement de la Parole de Dieu qui nous appelle à la vocation missionnaire, et l'idée "d'enfantement" du peuple hébreux voué à des œuvres stériles en Égypte est ici appelé. "Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de miel, vers le pays de Canaan.." (v. 3, 8) Dieu se présente comme le Dieu des trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob, poux de Sarah, Rébécca et Rachel, trois femmes stériles qui seront contrebalancé par la fertilité virginale de la Vierge Marie. C'est donc d'une terre stérile que jaillissent douze frères eux mêmes patriarches des douze tribus d'Israël.

1Corinthiens 10, 1-6.10-12
A la suite de Moïse c'est au tour du peuple d'Israël tout entier d'être baptisé d'eau (mer rouge) et d'esprit (nuée) en Moïse nous dit le texte. Tout comme nous en Jésus lors de Son baptême nous sommes baptisés et délivrés de l'enfermement qu'exerçait le monde sur nos existences. Tous buvaient l'eau d'un rocher qui était le Christ et mangeaient une nourriture spirituelle nous disent les versets 3 et 4. Tout comme nous même qui avons part au Pain de Vie et au Sang du Christ.

Acclamation : Ouvre nos coeurs à ton appel, Seigneur, rends-nous la joie d'être sauvés. (Psaumes 50, 14)

Sans cesse, Dieu nous invite à nous convertir (Luc 13, 1-9)

http://www.e-venise.com/pics/peinture/san_rocco_tintoret_crucifixion_2.jpgDans l'évangile de ce dimanche, l'appel à la conversion retentit dans l'Église et la Parole nous invite à nous examiner. Laisserons nous jaillir de notre cœur les mots qui délivrent non seulement notre prochain, mais l'esprit d'amour qui nourrit cet organe qui se donne ? Comme la Parole de Dieu à Jaillit du buisson qui ne s'éteint pas, l'eau et le Sang jaillissent du Cœur de Jésus sur la croix, nous montrant que Dieu s'est converti à l'homme pour que l'homme se convertisse à Dieu. Priez auprès de Jésus pour ceux qui ne parviennent pas à exprimer ce que leur cœur désire. Prions que Dieu leur accorde la grâce de porter un jour du fruit et qu'ils ne demeurent pas stériles. Qu'ils soient féconds comme le Sacrifice intemporel de Jésus sur la croix qui demeure d'age en age. L'agneau immolé, dans le buisson qui ne s'éteint pas nous annonce la Pâques prochaine.

Exode 12, 7-8
 On prendra du sang ; on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera. On mangera la chair cette nuit–là. On la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.


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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:57

http://dlibrary.acu.edu.au/research/theology/ejournal/aejt_5/images/bishops.jpgConférences de Notre-Dame sur Dei Verbum (29 février)

par Gérard Leclerc

lundi 1er mars 2010


Les conférences de Notre-Dame de Paris ont abordé, hier, une autre étape de l’étude du Concile Vatican II, avec un retour sur la Constitution Dei Verbum. Il s’agit là d’un texte extrêmement important, dont pourtant on parle très peu à propos du Concile, ce qui pourrait d’ailleurs expliquer certaines méprises. Si l’Eglise a voulu accomplir ce que Jean XXIII appelait son aggiornamento - un mot difficile à traduire exactement en français : sa mise à jour, son renouvellement - ce n’est pas pour se mettre en accord avec les idéologies dominantes du monde moderne, même si c’est pour mieux comprendre ce monde et y exercer sa mission. C’est d’abord pour mieux envisager sa propre mission et être capable de l’exercer avec plus de vérité et de fidélité encore. D’où l’importance de la réflexion sur ce qu’on appelle généralement : la Révélation. L’Eglise ne s’est pas construite elle-même, elle n’a pas créé son propre système de référence. Elle se reçoit toute entière de l’Esprit Saint pour annoncer une parole qui s’intitule explicitement « Parole de Dieu », Dei Verbum !

Les deux conférenciers de Dimanche, le Père Denis Dupont-Fauville et le Frère Enzo Bianchi y ont insisté tous les deux : contrairement à une idée très répandue, le christianisme n’est pas une religion du Livre comme l’est l’islam avec le Coran. C’est une religion de la Parole, et cette parole s’appelle le Verbe de Dieu, c’est-à-dire Jésus-Christ. Cela est de portée considérable pour comprendre la réception de la Révélation par les chrétiens. Loin de toute attitude fondamentaliste - ce qui est la tentation de la religion dite du Livre - la parole du Dieu vivant est incarnée en Jésus-Christ, s’offre à nous comme une véritable nourriture qui nous fait vivre, préalablement à toute étude savante des textes. Celle-ci n’est évidemment pas exclue, bien au contraire, et le Concile à son endroit nous donne de précieuses lumières. Mais elle s’offre d’abord à nous comme lectio divina, c’est-à-dire lecture personnelle et savoureuse de la parole, qui permet d’entrer dans l’intimité divine. Et le critère de discernement n’est pas d’abord la science exégétique, en dépit de tout ce qu’elle nous apporte, mais la foi. Le Frère Enzo Bianchi y a insisté : « La foi est le véritable critère d’interprétation des écritures, lesquelles ont été rédigées et composées à partir de la foi dans le Dieu qui agit dans le monde, qui intervient dans l’histoire, et qui a révélé son visage définitif en Christ. »

Ce n’est pas fortuitement que le prieur d’une communauté œcuménique comme le frère Bianchi a été appelé à Notre-Dame pour traiter un tel sujet, qui a longtemps fait controverse entre catholiques et protestants. Non d’ailleurs que toutes les difficultés aient été levées avec Vatican II. L’approfondissement réalisé par les Pères conciliaires a permis de lever certains obstacles, ceux qui dataient des désaccords de la Réforme comme ceux qui dataient de ce qu’on a appelé la période moderniste. Ainsi la Bible et la Tradition ne sont-elles plus opposées comme deux sources distinctes de la Révélation, mais rassemblées dans l’unité de cette révélation. Comprendre Vatican II c’est entrer dans le mystère même d’un Dieu qui se révèle toujours par sa parole vivante. La Tradition est l’expression même de cette vie qui s’est déployée jusqu’à nous et continue à se déployer aujourd’hui pour nous.

http://www.radionotredame.net

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 04:49
the-crucifixion-of-christPour que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. Oui ce dimanche nous avons eut pour lecture la transfiguration de Jésus au mont Tabor (Luc 9, 28-36). Cette ascension au bout de laquelle le Seigneur se manufeste en gloire pour les vivants et pour les morts (Moïse cf. Jude 1, 9). Oui le Seigneur s'est montré dans toute Sa gloire pour témoigner aux apôtre quelle était Sa nature intime, afin qu'ils ne soient pas englouti par le scandale de la croix si proche. Mais il montrât aussi cette gloire, à ceux qui jusqu'alors en était privés dans le sein d'Abraham (cf. Psaumes 6,6; 88,11-13). C'est ainsi que Moïse rencontrât le Seigneur sous la forme d'un buisson ardent, Il Se révèle à présent au mont Tabor,  face visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1, 15) aux  Saints de l'ancien testament. Eux qui n'avait qu'une voix ont désormais un visage (Deutéronome 4, 12. 15; Luc 9, 29). Sur le mont Tabor est accompli ce qui fût commencé sur le mont Sinaï. Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui ; c’étaient Moïse et Élie ; apparus en gloire, ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Oui nous nous doutons que Moïse et Élie attendaient impatiemment que Jésus les délivrent du séjour des morts pour avoir le privilège de contempler Sa face pour les siècles des siècle. Moïse et Élie intercédaient déjà pour que fût la passion qui délivrerait David, Job et tout les justes de l'ancien testament.

Et c'est par Marie que tout ceci est arrivé, par Marie le Salut et la grâce sont entré dans le monde. Abraham eut foi et cela lui fût imputé à justice,(Genèse 15, 6) mais il n'a pas sacrifié son fils sur l'autel ! Bien sûr il l'aurait fai,t mais Dieu n'a pas permit que le salut s'accomplisse en ce jour. Dieu à choisis une jeune fille de Sion, une bien heureuse qui à cru en la Parole du Seigneur et à choisie d'être tout à Lui. Qu'il me soit fait selon Ta parole (Luc 1, 38) disait la merveilleuse petite Marie. Marie, discrète, absente dirons certains et plus parlante qu'on veut bien nous le faire croire ! Marie à donné la Parole de Dieu elle l'a porté et le salut et la grâce ont jaillit de son petit corps parfaitement pur et Saint. Marie nous à donné la Parole, non des table poussiéreuses de pierre enfermées dans un vase d'or (Jean 6, 49)(*1*). Non Marie, nouveaux tabernacle ne nous a pas donné un cœur de Pierre, mais un cœur de chair, le plus beau des cœurs qui soit, le cœur de Jésus. Elle ne nous à pas donné une manne sans saveurs tombé du ciel, Mais le Pain de la vie qui donne la vie éternelle (Jean 6, 51. 53-54), l'agneau immolé (*2*) qui enlève le péché du monde (Jean 1, 29; Matthieu 26, 28), l'agneau Pain de Vie qui est le chemin de la vie (Jean 14, 6) qui nous attire à Lui pour nous offrir la vie éternelle (Jean 6, 44). Dieu n'est pas venu nous saisir et nous prendre par une "grâce" violente qui nous arrache à une condition de pécheur, pour la bonne et simple raison qu'il est venu se donner. Et c'est ce don qui nous attire. Marie nous à donné la résurrection (*1*) souffrant les affres de la mort de son Fils unique, l'âme transpercée de douleurs à la croix (Luc 2, 35). Marie bien plus qu'Abraham (Genèse 22, 1-14) à souffert l'agonie de son Fils. Tout au contraire de Pierre et Jacques, Marie n'a pas eus besoin de voir Jésus en gloire pour croire en Lui. Elle à cru et son âme s'est déchiré à la croix acceptant que cela fût pour le salut du monde.

Marie à tant aimé le monde qu'elle a donné son Fils unique, pour que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ai la vie éternelle. Et Marie est la Mère bienheureuse de ceux qui ont cru.



1) Hébreux 9, 4  avec un brûle–parfum en or et l'arche de l'alliance toute recouverte d'or ; dans celle–ci un vase d'or qui contenait la manne, le bâton d'Aaron qui avait fleuri et les tables de l'alliance.

2) Exode 12, 5. 7-8  Vous aurez une bête sans défaut, mâle, âgée d’un an. Vous la prendrez parmi les agneaux ou les chevreaux. On prendra du sang ; on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera. (le sang sur la croix)  On mangera la chair cette nuit–là. On la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.


Préparation Pâques 2010.
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